Parution du 22 août

22 Aout 1944 : La mort au bout du chemin pour Pierre Badin !

 

Le 22 Aout reste une date à jamais gravée dans la mémoire de Pierre Jean Badin. En cette année ou le passé revient en force avec les nombreuses commémorations qui rappellent le centenaire de la 1ère guerre mondiale, il n’oublie pas ce 70ème anniversaire de la mort de son père Pierre Badin, résistant du Secteur 5, lâchement assassiné par les allemands le 22 aout 1944.

Un souvenir personnel pour Pierre Jean Badin mais aussi un devoir de mémoire pour le président du Comité Départemental du Dauphiné. Comme il le souligne et aime à le répéter, « pour mener une action positive permanente, il faut non seulement un volet pédagogique au niveau des jeunes mais des rencontres et des échanges avec les adultes. La plupart des membres de nos associations affiliées ont eu dans leur famille – ou leurs proches- des gens marqués par ces années terribles de l’Occupation et les déportations. Le temps passe. Les véritables témoins disparaissent. Il faut, quand il est encore temps, poser les questions. Lutter contre l’oubli est le premier devoir des citoyens à quelque niveau que ce soit de l’échelle sociale. »

L’ultime descente de Laffrey…

22 aout 1944. Mais que s’est –il passé ? Si le petit Pierre Jean avait tout juste  1an le récit de cette terrible journée il le doit à sa maman et aux témoignages des amis résistants de son père. « Les allemands descendent la côte de Laffrey avec plusieurs prisonniers. 4 ont été identifiés et parmi eux Pierre Badin et Gaston Guillot qui montaient de Vizille. Pierre Badin était instituteur à l’école d’apprentissage de la compagnie des mines de La Mure. Refusant le STO il s’était réfugié dans un maquis à Saint Christophe en Oisans. Son collègue Gaston Guillot était aussi moniteur au centre d’apprentissage. Tout va s’accélérer lorsque l’épouse de Pierre Badin vient voir Gaston Guillot « le père de mon mari est gravement malade, il faut que je prévienne son fils Pierre et je ne sais comment faire… » Guillot, toujours prêt à rendre service se propose d’aller le chercher. Il part pour l’Oisans à vélo. Le matin du 22 aout les 2 hommes qui se sont retrouvés poussent leurs vélos et montent de Vizille à Laffrey. Ils croisent alors une colonne allemande. Leurs vélos sont immédiatement récupérés par les soldats. Fouillés ils sont traités de terroristes et sont faits prisonniers. Les allemands leur confient la conduite d’un mulet. Mais les choses se précipitent et les 2 hommes sont saisis au col au lieudit « la repose » au dessus du grand mur des Traverses. Pierre Badin est poussé sur un petit chemin. Il est alors froidement abattu. Son corps désarticulé roule jusqu’en bas d’un champ. Gaston Guillot réussit à s’échapper. Il accompagnera ensuite les américains pour retrouver le corps de Pierre Badin. » Cruelle ironie du sort, ce 22 aout 1944 à 18h Vizille est libérée après 4h de combat. Un devoir de mémoire nécessaire auprès des jeunes générations pour le président du Comité.

 

Photos :

Pierre Jean Badin devant la plaque rendant hommage à son papa Pierre

Les alliés devant le château de Vizille